ARTICLE SUR LE COACHING GENERATIF

Coaching génératif : L'usage pratique de la Conscience Créatrice

Stephen Gilligan, Ph.D.
www.StephenGilligan.com
Article original en anglais

Entre le conscient et l'inconscient, l'esprit a mis en place une balançoire :
toutes les créatures de la terre, même les supernovas, oscillent entre ces deux arbres,
et cela ne cesse jamais.
Les anges, les animaux, les humains, les insectes par millions, également la course du soleil et de la lune ;
les âges passent, et cela continue.
Tout se balance : le ciel, la terre, l'eau, le feu,
et le secret qui fait grandir lentement un corps.
Kabir a vu cela pendant quinze secondes, et cela a fait de lui un serviteur pour la vie.

(Kabir, traduit par R. Bly pour la version anglaise)


Aider les gens à améliorer leur vie est l'un des plus vieux métiers du monde. Cela a pris de nombreuses formes - la philosophie, la divination, la guérison chamanique, les rituels religieux, les relations informelles, la psychothérapie, etc. -, mais le processus sous-jacent de personnes en quête de conseils pour les changements de vie a perduré. La pratique du coaching génératif, que j'ai co-développée avec Robert Dilts, est une version de troisième génération de la tradition plus récente de professionnels de la relation d'aide1. Ce bref article donne une vue d'ensemble du coaching génératif, tout d'abord en le situant brièvement dans un contexte historique, et ensuite, en décrivant les cinq étapes fondamentales de l'approche.

Le Coaching Génératif : Une approche de troisième génération


Au cours du siècle dernier, des méthodes nombreuses et variées ont été développées pour aider les gens à changer. Se rapportant au coaching, nous pouvons distinguer trois générations de telles approches. La première est la psychothérapie traditionnelle, initialement développée par Freud et d'autres. L'accent y est mis principalement sur les problèmes (souvent considérés comme "maladie mentale") et sur le passé (en termes d'événements négatifs qui "ont causé" les problèmes actuels). L'idée est que la compréhension intellectuelle de la causalité historique permettra de libérer la personne de l'emprise de ses problèmes. Il s'agit essentiellement de remuer le passé pour essayer de libérer le présent, avec le thérapeute comme figure experte distante qui diagnostique la pathologie du client.

Pour beaucoup, cette approche n'était pas attrayante, parce que : (a) elle prenait trop de temps, (b) elle était très chère, (c) elle "pathologisait" et stigmatisait les personnes, et (d) souvent elle produisait peu ou pas de changement dans le monde réel. En réponse, une deuxième génération d'approches du changement a insisté sur les ressources et les objectifs positifs d'une personne, sur l'action plutôt que l'analyse, et sur l'orientation vers le futur et centrée solutions. Ces approches se sont d'abord développées en psychothérapie, avec diverses méthodes de thérapies brèves telles que la Gestalt-thérapie de Fritz Perls, l'Analyse transactionnelle d'Eric Berne, et les approches hypnotiques de Milton Erickson.

Parallèlement, le domaine connexe du Mouvement du potentiel humain est apparu dans les années 1960 et 70. Il a rejeté les approches autoritaires et pathologisantes en faveur de changements positifs grâce à une conscience accrue, la réalisation de soi, et les états modifiés de conscience. Ces nouvelles méthodes partageaient une vision positive orientée sur le client qui se trouvait clairement à l'opposé de la première génération.

Ces approches de deuxième génération formaient une constellation dans les années 1990 avec l'émergence de ce qui pourrait être appelé aujourd'hui coaching traditionnel. Le coaching n'était pas pour les patients "malades" ou "endommagés", mais pour les personnes en bonne santé qui cherchent à améliorer leurs vies professionnelles et personnelles. Libéré de la stigmatisation de "fou" et des hiérarchies strictes, le coaching était attrayant pour de nombreuses personnes, et a trouvé des applications dans nombre de domaines, tels que le développement personnel, le milieu professionnel, la santé et le sport.

Cependant, en se positionnant comme un contre-point de la thérapie traditionnelle, le coaching a déclaré les domaines tels que le travail émotionnel et la conscience intérieure comme tabous ou non pertinents. Nous croyons que de telles restrictions sont non aidantes et inutiles, et que le meilleur coaching implique une attention égale pour le "jeu extérieur" fait des objectifs, des expériences vécues, et des choix pratiques d'une personne ; et pour ce que Tim Gallwey (2000) appelle le "jeu intérieur" constitué de l'état de conscience d'une personne. Une telle approche suppose que toute réalité et identité sont construites, et que l'état d'une personne ou d'un groupe - par exemple, leurs croyances, intentions, perceptions, schémas (patterns) somatiques, et significations cognitives - est la base pour de telles constructions (Gilligan, 2012). Cette orientation à intégrer diverses dualités dans une approche "à la fois/et" - interne/externe, problèmes/ressources, passé/futur, cognitif/somatique, etc. - constitue ce que nous appelons les approches de troisième génération.

Pour comprendre les différences entre ces trois générations de travail de changement, un bref exemple peut être utile. John est un homme de 40 ans qui vit avec sa mère, et qui se démène comme télévendeur. S'il était venu en psychothérapie traditionnelle, il aurait probablement été diagnostiqué de certains troubles mentaux dans lesquels il est piégé - par exemple, la dépression, l'anxiété, le trouble du comportement – et le travail se serait concentré sur : soit le médicamenter ; soit supprimer les symptômes par la compréhension de leurs causes historiques (par exemple, les expériences négatives de l'enfance) ; soit mettre au défi sa pensée négative ou non basée sur la réalité. Le coaching traditionnel porterait plus son attention principale sur ses objectifs positifs, orientés vers le futur (par exemple, démarrer une entreprise) et chercherait à identifier les ressources (mentors, associés, associations positives) et les actions nécessaires pour atteindre concrètement l'objectif.

Le coaching génératif s'assurerait que ses objectifs/intentions sont congruents et résonants (comme ce sera élaboré ci-dessous), puis chercherait à développer son meilleur état de conscience pour permettre à l'intention positive d'être réalisée. Cet ajustement à un état optimal pourrait inclure : le centrage somatique ; identifier et transformer les croyances négatives ; l'accès et l'intégration de diverses ressources ; s'assurer des plans d'action ; identifier et transformer les émotions et les relations négatives pertinentes à l'objectif ; et l'ouverture à une conscience créatrice.

Ainsi, nous voyons le coaching génératif comme un type de travail plus large et plus profond que le coaching traditionnel. En soulignant le fait qu'une personne est responsable de la création de sa propre vie, il invite les personnes à apprendre comment elles peuvent réaliser leurs rêves par la maîtrise de leur propre conscience créatrice. Alors qu'il maintient une orientation positive vers l'avenir et les "infinies possibilités", il voit tout de l'expérience d'une personne - ses états internes positifs et négatifs, ses croyances, ses expériences historiques, son imagination créatrice, ses états somatiques, etc. – comme des ressources potentielles pour atteindre ses objectifs positifs. Pour comprendre ce processus un peu plus, nous présentons maintenant les cinq étapes fondamentales du coaching génératif.

Les cinq étapes du Coaching Génératif


Le coaching génératif voit le travail créatif comme un processus de flux discipliné (flow), c'est-à-dire qu'il doit à la fois activer et faire confiance à la conscience créatrice qui coule à travers tout travail créatif, mais aussi fournir la discipline nécessaire pour façonner habilement le flux de l'expérience en action créatrice. Nous voyons cette discipline organisée autour de cinq étapes fondamentales.

Etape 1 : Identifier les intentions / buts positifs

Au cœur de la conscience générative, il y a une intention positive à vivre de façon créative dans le monde. Les intentions positives, lorsqu'elles sont considérées avec une résonance somatique profonde, sont les "moteurs" ou les organisateurs de la conscience créatrice ; des schémas (patterns) de possibilités infinies s'unissent en réalités spécifiques autour d'elles.

Les intentions et objectifs positifs peuvent être identifiés grâce à différentes questions:
  • Que voulez-vous atteindre spécifiquement ?
  • Quelle est votre mission ?
  • Quel(le) est votre vision / rêve ?
  • Quelle est votre vocation ?
  • Quelle est votre intention la plus profonde ?
  • Que soutenez-vous (défendez-vous) dans la vie ?

Bien sûr, "positif" ne signifie pas "bon" par opposition à "mauvais", mais plutôt une déclaration de quelque chose dont une personne veut faire l'expérience ou qu'elle veut réaliser dans le monde – par exemple, une relation intime, une entreprise prospère, une bonne santé. Pour être génératifs, ces objectifs positifs doivent également être succincts. Par succinct, nous entendons que le contenu de l'énoncé de l'objectif devrait être de 5 mots ou moins. Par exemple, le client pourrait être invité à utiliser la déclaration suivante:
  • Ce que je veux créer le plus dans ma vie, c'est X

X est limité à cinq mots ou moins. Le coach peut faire respecter cela de manière stricte mais ludique en levant une main et en comptant le nombre de mots que le client utilise pour le contenu de son objectif. Si la limite de mots est dépassée, un "bip" ludique retentit et le client est invité à trouver une formulation plus succincte. Le but est de trouver une déclaration simple et claire de l'objectif. Etre trop "bavard" à ce niveau primaire brouillerait les eaux de la conscience. Alors que le niveau secondaire de renseignements de fond est important, celui-ci doit être distingué de la base simple de l'objectif principal.

Une troisième condition pour un objectif génératif est d'être résonnant. Cela signifie que le client exprimant celui-ci doit créer un "sens corporel" (felt sense) à la fois en lui et chez celui(ceux) qui écoute(nt). Si personne n'est touché par l'intérêt d'une personne, il n'y aura probablement pas de puissance. Ainsi, une question générale que nous utilisons durant l'entretien est :
  • Quand vous dites/pensez/expérimentez X, à quel endroit dans votre corps sentez-vous le plus son centre ?

Ces questions permettent la connexion de l'esprit verbal (cognitif) à sa base somatique, ce que nous croyons faire partie intégrante de l'unité corps-esprit nécessaire à l'action créatrice. Sans elle, les mots n'ont souvent pas de pouvoir. En coachant la personne à sentir la connexion somatique/cognitive qui sous-tend la conscience créatrice, les mots deviennent magiques.

Bien que ces trois conditions pour un objectif bien formé - positif, succinct et résonnant - soient simples, souvent il n'est pas facile de les retrouver dans la pratique. Comme nous le développons ailleurs (Gilligan, 2012; Gilligan et Dilts, à paraître), un coaching habile est généralement nécessaire pour s'assurer que les clients peuvent trouver et maintenir une connexion palpable à leurs objectifs les plus profonds.

John, le client cité ci-dessus, est venu me voir pour un coaching génératif. D'abord interrogé sur ses objectifs, il pouvait seulement dire qu'il voulait "se sentir mieux", "ne pas vivre avec sa mère," et "cesser de s'inquiéter". Ces objectifs ne seraient pas considérés comme bien formés en coaching génératif, car ils sont trop vagues et/ou négatifs. Il lui a fallu plusieurs séances pour sentir et exprimer un objectif plus profond et positif : "créer une entreprise fructueuse sur Internet". Ce changement est arrivé après avoir pris le temps de l'aider à développer un état génératif, qui est la deuxième étape générale de l'approche.

Etape 2 : "Le jeu intérieur" : Développer un état génératif

Pour réaliser leurs rêves, les personnes doivent être en mesure de développer et de maintenir des états créatifs de conscience. C'est l'objet de la deuxième étape générale du coaching génératif. Pour rappel, une prémisse de base est que chaque personne crée de manière active sa réalité et son expérience, et que ce processus créatif se fait au travers de multiples niveaux de filtres ou de cartes. Ces filtres sont comme des vitraux, faisant la transduction de la conscience créatrice en des schémas (patterns) particuliers de la réalité expérientielle (Gilligan, 2012). Ils cartographient plusieurs niveaux d'identité - par exemple, neurologiques, culturels, familiaux, ou individuels - et comprennent de nombreux types de valeurs (par exemple, les croyances, les images corporelles, les valeurs fondamentales, les idées sur l'avenir, les schémas (patterns) transgénérationnels, etc.).

La réalité particulière qui en résulte est fonction de la configuration de ces filtres. Par exemple, dans ma recherche à l'Université de Stanford sur la mémoire dépendant de l'état (state-dependent memory), nous avons constaté que lorsque des individus étaient dans une humeur émotionnelle particulière (comme la tristesse), leurs processus cognitifs – par exemple, la mémoire, la perception, l'attention, et les prédictions sur leur avenir – se trouvaient biaisés par cette humeur (Gilligan et Bower, 1984). En passant à une humeur différente (comme le bonheur), cela entraînait des changements importants dans ces processus cognitifs, dans la direction de la nouvelle humeur. Ainsi, l'humeur émotionnelle sert de filtre à travers lequel une réalité est vécue.

Il existe, bien sûr, de nombreux autres types de biais. Dans le coaching génératif, on distingue trois types de filtres généraux : (1) somatiques, (2) cognitifs, et (3) les champs relationnels. Une personne dans un état problématique peut être observée avec des schémas (patterns) négatifs dans ses champs somatique, cognitif et relationnel – par exemple, une posture affalée ou rigide, des croyances négatives, et des équipes de soutien critiques. En déplaçant ces filtres vers des valeurs plus positives et de meilleure qualité, de nouvelles expériences et une réalité nouvelle sont possibles. Ainsi, le coaching génératif porte une grande attention à aider les clients à entrer dans un "état génératif".

Un ensemble d'acronymes que nous utilisons pour explorer ceci avec les clients est COACH et CRASH. COACH signifie centré, ouvert, attention consciente, connecté, et (accueillir avec) hospitalité ; CRASH signifie contracté, réactif, analyse paralysante, séparation, et heurter/haïr. Les états CRASH provoquent des problèmes et des blocages, alors que les états COACH permettent la créativité et des réponses positives. Nous apprenons aux clients à reconnaître quand ils sont dans les états négatifs, et comment passer dans un état génératif avant de faire confiance à leurs pensées ou actions.

Dans le coaching avec John, il était clairement dans un état négatif de faible qualité lorsqu'il pensait à sa vie professionnelle - s'inquiétant, s'auto-accusant, tendu, et concentré sur des images négatives. Nous avons exploré comment il pouvait développer un état génératif impliquant le centrage, l'ajustement à un ensemble de futurs positifs, et le développement d'un "concile de ressources" imaginaire (Gilligan, 2012) comme des mentors pour le conseiller et le guider. Il a pratiqué cet état génératif à de nombreuses reprises tout au long de la journée. Lentement, il a remplacé un état CRASH avec un état COACH génératif, en particulier pour son identité professionnelle. Des améliorations significatives de sa performance au travail en ont résulté.

Etape 3 : Passer à l'action

Une fois l'intention fixée et un état génératif développé, une personne est prête à passer à l'action créative dans le monde. Nous voyons trois parties de ce processus : (1) les plans, (2) les actions et (3) l'évaluation des résultats et repasser à l'action. Ce sont des parties centrales de la plupart des méthodes de coaching : Il est demandé au client ce qu'il souhaite atteindre et comment il pourrait le faire, et il est ensuite encouragé à passer à l'action. Selon la façon dont évoluent les choses, ces plans et actions sont modifiés en conséquence.

Nous trouvons utile de demander aux clients d'écrire leurs plans, en entrant dans les détails grâce à ce qui est appelé "questions journalistiques" de quoi, où, quand, avec qui, et comment. Le client est alors invité à prendre l'engagement d'appliquer les plans, et de garder des notes écrites de leurs actions et de leurs résultats.

Il existe une variété d'autres méthodes que nous utilisons pour cette étape générale. L'une d'elles consiste pour une personne à tenir un journal quotidien avec deux catégories :

(1) Qu'ai-je fait aujourd'hui qui m'a rapproché de mon objectif ou intention ?
(2) Qu'ai-je fait aujourd'hui qui m'a éloigné de mon objectif ou intention ?

Cette simple forme d'introspection peut être très utile dans la détermination de son comportement et de l'expérience vers une manière d'être plus positive.

Mon client John a élaboré des plans et est passé à l'action dans de nombreux domaines de sa vie professionnelle, notamment en recrutant de nouveaux membres du personnel, en changeant ses stratégies de marketing, en re-concevant ses pratiques d'entraînement personnel, et en réorganisant la façon dont il passait son temps au travail. De manière typique, c'est seulement lorsqu'il est passé à l'action qu'il est devenu beaucoup plus clair quant aux meilleures façons de faire pour que les choses fonctionnent.

Etape 4 : Transformer les obstacles

Au cours de n'importe quel chemin créatif, de nombreux obstacles sont rencontrés. Ils peuvent être externes, tels que les personnes ou les institutions qui tentent de contrecarrer le développement, les crises financières ou dans le domaine de la santé, ou des revers et des échecs. Ils peuvent aussi être des obstacles internes, tels que des croyances ou des émotions négatives, des ambivalences, ou un manque de motivation. Le coaching génératif voit l'utilisation et la transformation créatives de ces schémas (patterns) inévitables comme partie intégrante de la réussite et de la croissance – en partie parce que de les ignorer fait que, trop souvent, c'est être limité par eux, mais surtout parce que de tels schémas (patterns) négatifs portent l'énergie et des ressources potentielles. Ainsi, nous prenons une sorte d'approche aïkido face aux problèmes, passant des réponses contre-productives de "lutte/fuite/figement/ou repli", à un flux (flow) créatif pour transformer les problèmes en solutions (Gilligan, 1997; 2012). C'est l'une des caractéristiques uniques et distinctives du coaching génératif, comme le détaille notre livre à paraître.

Une idée sous-jacente ici est que dans l'inconscient créatif, un schéma (pattern) expérientiel a de nombreuses formes possibles, à la fois négatives et positives, avec sa forme actuelle résultant de la connexion humaine à lui. Par exemple, l'ardente férocité pourrait être positive (par exemple, l'engagement, l'auto-défense, être déterminé) ou négative (par exemple, être en colère ou être destructeur), selon la façon dont elle est humainement considérée. En apportant une connexion habile et positive à des expériences négatives, elles peuvent être transformées en leurs formes positives.

Par exemple, John s'est retrouvé incapable de responsabiliser son personnel de vente par rapport à leurs quotas de vente. Il a découvert qu'il avait peur de se mettre en colère, de peur de répéter l'héritage plein de rage de son père. En se connectant à la fois à la colère et à la peur en tant qu'"énergies" dans son corps, il a trouvé des moyens de développer et d'intégrer leurs versions positives de sensibilité et de concentration.

Etape 5 : "Continuer à avancer" : Pratiques de Développement de Soi Génératif

Compte tenu du principe de base que l'état de conscience d'une personne est un facteur déterminant quant aux réalités et expériences possibles, une étape finale dans le processus de coaching génératif concerne le fait de s'assurer que les clients développent des pratiques corps-esprit positives pour continuer de grandir et de changer.

En général, je parle de ce sujet avec les clients en termes de trois piliers principaux pour une vie heureuse et réussie. Les deux premiers sont le travail et l'amour (la famille, les partenaires intimes, etc.) ; la plupart des gens conviennent que le succès dans ces domaines est essentiel au bonheur, à la santé et à une vie créative. Le troisième pilier d'une "bonne vie" concerne "les pratiques". Alors que le travail et les relations personnelles comportent toujours une part de responsabilité et d'attention vis-à-vis des autres, les pratiques consistent principalement à donner de tout cœur de l'attention à votre soi. Par exemple, tenir un journal, méditer, marcher, lire, faire de l'exercice physique, avoir des pratiques d'affirmation de soi, etc.

J'aime à dire que vous êtes bon à hauteur de vos pratiques. Si vous vous consacrez à l'amélioration de la qualité de votre conscience sur une base quotidienne, votre vie s'améliorera ; si vous ne l'êtes pas, un développement positif est bien moins probable. L'excuse la plus courante pour ne pas pratiquer régulièrement est "Je suis trop occupé en ce moment". Nous contestons une telle excuse, soulignant que pour la plupart d'entre nous, il ne sera jamais donné de temps pour la pratique, nous devons le prendre - par exemple, plusieurs séances de 20 minutes de pratique individuelle par jour. De telles pratiques non seulement améliorent la qualité de l'expérience et la performance, mais fournissent également la perception du temps étendue nécessaire au bien-être et à la conscience créatrice.

Nous aidons les clients à identifier les pratiques qui pourraient être les plus utiles et enrichissantes pour eux, et à se fixer sur la façon de s'assurer qu'ils sont effectués sur une base régulière. Pour John, cela a été de constater que de faire une longue promenade chaque matin était extrêmement aidant, ainsi que de faire une marche quand il se retrouvait embourbé dans des pensées anxieuses au travail. Il est également revenu à une vieille pratique consistant à jouer et à écrire de la musique, ce qui l'a reconnecté à une énergie inspirante et créative.

Avec tout le dur travail et les changements positifs qu'il a effectués, la vie de John a décollé. Son entreprise a remporté un énorme succès, avec plus de 80 employés, et il a rencontré une femme qui est devenue non seulement son directeur général, mais aussi sa femme ! Comme il le dit, il était en train de vivre la vie de ses rêves. D'autres défis ont surgi, mais son engagement continu à s'entraîner et à vivre à partir d'un état génératif, lui a permis d'avancer avec succès à chaque étape du chemin. La dernière fois que je lui ai parlé, il était riche, en bonne santé et heureux.

Résumé


Nous voyons le coaching génératif comme une troisième génération de travail de changement. Il comprend la plupart des principes et des méthodes de coaching traditionnel - l'accent mis sur des objectifs positifs, une orientation vers le futur, et des plans d'action -, mais offre également une attention particulière à l'état de conscience d'une personne, y compris à ses états émotionnels négatifs. En insistant sur le "jeu intérieur" de la performance d'une personne comme étant aussi important que sa vie extérieure, cela permet à de nouvelles possibilités d'émerger. En ayant une curiosité positive et une orientation fine face aux expériences négatives (au service d'objectifs positifs), l'énergie perdue est de nouveau récupérée et de nouvelles compétences sont découvertes. Plus important encore, son objectif principal est de connecter les clients à la conscience créatrice nécessaire pour générer une vie heureuse, réussie et pleine de sens.


1 Robert Dilts et moi-même étions étudiants ensemble à UC Santa Cruz au milieu des années 1970, et faisions partie du groupe d'origine de la Programmation Neuro-Linguistique. Alors que Robert est devenu l'un des plus importants développeurs et enseignants de la PNL (Dilts, 2003; Dilts, Delozier, Bacon Dilts, 2010), mon chemin est passé par l'hypnose Ericksonienne et la psychothérapie, et ensuite par des approches génératives de changement (Gilligan, 1997; 2012). Nous nous sommes rapprochés, il y a environ dix ans, et depuis, nous co-développons diverses approches de changement génératif (par exemple, Gilligan et Dilts, 2009). L'approche de coaching génératif est le point culminant de cette collaboration. Le matériau de cet article est élaboré dans notre prochain livre, "Coaching génératif : L'art de la conscience créatrice".

Références


Dilts, R. From Coach to Awakener. Capitola, CA: Meta Publications, 2003. En français : Etre Coach : De la recherche de la performance à l'éveil, Dunod, 2008.
Dilts, R., Delozier, J., Bacon Dilts, D. NLP II: The Next Generation. Capitola, CA: Meta Publications, 2010.
Gallwey, T. The Inner Game of Work: Focus, Learning, Pleasure and Mobility in the Workplace. New York: Random House Trade Paperbacks, 2000.
Gilligan, S. The courage to love: Principles and practices of self-relations psychotherapy. New York: Norton, 1997. En français : Le courage d'aimer : Principes et mise en pratique de la thérapie des relations du Soi, Satas, 2009.
Gilligan, S. Generative Trance: The experience of creative flow. Cardiff, Wales: Crown House Books, 2012. En français : L'hypnose, un dialogue créatif avec la personne - transe générative et flow, InterEditions, 2015.
Gilligan, S., Bower, G. Cognitive consequences of emotional arousal. In Izard, C/Kagan, J./Zajonc, R (Eds.), Emotions, cognitions, and behavior. New York: Cambridge Press, 1984.
Gilligan, S., Dilts, R. The Hero's Journey: A Voyage of Self-Discovery. Wales: Crown House Publishing, 2009. En français : Le voyage du héros - Un éveil à soi-même, InterEditions, 2011.